Un enfant érythréen
Un enfant nommé Sissu
Un enfant qui meurt de faim
Combien sont-ils comme Sissu ?
Avec si peu de soutien
Comment grandir mais surtout
Comment sourire au destin
Comment sourire à Sissu ?
Il est l’heure pour toi Sissu de partir
Il est l’heure pour moi de me souvenir
J’ai vu l’Afrique
En chemin
J’ai vu le monde de Sissu
Je l’ai vu tendre les mains
Mais qui veut d’un monde à genou ?
J’ai vu ces gosses orphelins
Fouiller d’immondes poubelles
J’ai vu ces enfants félins
Bouffer les trésors qu’elles recèlent
Relève-toi mon Afrique
Toi ma sublime
Watu wote wamezaliwa huru
Hadhi na haki zao ni sawa.
Wote wamejaliwa akili na dhamiri
Hivyo yapasa watendeane kindugu.
Kila mtu ana haki ya kuishi
Haki ya uhuru
Na haki ya kulindwa nafsi yake.
Un enfant vient de s’éteindre
Un enfant nommé Sissu
Sa mort peut-elle nous atteindre
Quand elle vient d‘aussi loin que Sissu ?
J’entends les tambours des siens
Battre le pouls de la terre
Et dans le chant des anciens
J’entends monter les prières
J’entends la douleur des mères
J’entends la voix de Sissu
J’entends la voix de Sissu |
« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits.
Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.
Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne. »
Ainsi commence la déclaration des droits de l’Homme.
J’ai trouvé intéressant de la chanter en langue swahili.
Il faudrait plus d’une chanson pour raconter l’Afrique.
Alors j’en ai choisi une pour parler de ce qui m’y a le plus touché.
D’un enfant nommé Sissu.
Je n’oublierai jamais son regard, ni le son de sa voix.
Quand je chante Sissu, je sais pourquoi je fais ce métier.
Je sais pourquoi j’écris, pourquoi je chante.
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