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La liberte - 27 Mars 2004

Trop cruel. Ce mot était dans toutes les bouches des candidats à la «Nouvelle Star», jeudi soir après l'émission diffusée en direct par la chaîne française M6. Le «prime time» s'est terminé dans un torrent de larmes.
Anéanti, Geoffrey s'est écroulé sur le plateau, avant de fuir en sanglots dans les coulisses et de réapparaître le visage marqué par la déception.
Un crève-coeur qui rappelle qu'on ne devient pas comme ça le nouveau Jonatan Cerrada.

Une réussite qui ne doit pas faire oublier le côté sombre, pour ne pas dire destructeur, d'émissions comme «Nouvelle Star». Côté cour, il y a les répétitions. Côté jardin, ce que le téléspectateur voit sur son petit écran. Pour les candidats, il y a l'avant et l'après-émission. Deux extrêmes qui passent de la franche rigolade à une désillusion complète pour le candidat éliminé et à un profond sentiment de tristesse pour ses camarades.
"Ce jeu télévisé est cruel", confiait jeudi soir Julien, le candidat genevois toujours en course, quelques minutes après la fin de l'émission. Dans les coulisses, l'ambiance était pathétique: larmes, visages figés, dépit. "Je bute contre moi-même et suis totalement dominé par mes émotions", poursuivait alors Julien, assis au bout d'une table, les yeux défaits comme après un enterrement. "Pour moi, la musique est aux antipodes de ce jeu."

Même ressenti chez Steeve. A 31 ans, le rockeur au style déjanté a pourtant roulé sa bosse et appris à encaisser les coups durs. Ce qui ne l'empêche pas de comparer la «Nouvelle Star» aux jeux de la Rome antique: "On jetait dans l'arène des gens qui se faisaient bouffer par les lions. Ici, c'est pareil."

Pascal, lui, semble planer au-dessus de tout ça. Guidé par un idéal, le Black de Denezy ne pense qu'à la musique. Pour ses camarades, il est une source de réconfort, un grand frère qui sait écouter et soulager. Ce n'est donc pas par hasard si la maman de Geoffrey, en larmes, s'est jetée dans ses bras après l'élimination de son fils. Mais comment le Broyard parvient-il à garder la tête froide? «J'ai envie et je sais que je peux aller plus loin. C'est ce qui me pousse. Ce jeu est une compétition individuelle. Pour moi, le plus dur est la scène. Une fois que j'ai fait ma prestation, l'élimination est presque secondaire.»

Une claque pour SimonGad
Un avis que ne partage pas SimonGad. Evincé lors de l'avant-dernière émission, le Genevois porte encore les traces de ce qu'il n'hésite pas à appeler une bonne grosse baffe. Ce jeudi-là, il s'attendait à tout sauf à être éliminé par les téléspectateurs. L'impitoyable jury était pourtant derrière lui.
Alors, SimonGad a-t-il été victime d'une machination? «On m'a montré comme quelqu'un de prétentieux qui parle de lui à la troisième personne. On a tiré cette scène d'un moment de déconnade pour en faire mon portrait», analyse le Genevois. «On se retrouve très seul après l'élimination, surtout lorsqu'on est le premier. La journée de samedi a été particulièrement pénible.» Mince récompense, SimonGad est revenu à Paris cette semaine déjà. «J'ai eu quatre ou cinq contacts, mais rien de concret pour l'instant. Mais j'y crois.» Le Genevois écrit désormais seuls les pages d'à la recherche d'un nouvel espoir...

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