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Tribune de Genève - 15 mai 2004

Julien ressort grandi de «Nouvelle Star».
Jeudi soir, le finaliste genevois de l'émission de M6 a frôlé l'exploit.
Le public a tranché. Préférant de peu le Grenoblois Steeve au Genevois Julien lors de la finale de Nouvelle Star sur M6 jeudi soir. De peu? D'un poil même. Faites le compte: deux ou trois mille voix d'écart sur un total d'un demi-million pour les deux finalistes, ce n'est pas grand-chose. Autant dire qu'il y a eu deux gagnants.

Hier, au lendemain de l'émission, Julien avait parfaitement digéré son expérience. Et selon ses termes, il en est même ressorti grandi.
Il était dans la rue, à Paris, accompagné des attachées de presse de la chaîne, lorsque nous l'avons joint par téléphone au lendemain du prime. Des gens s'arrêtaient, le reconnaissaient, lui faisaient des signes amicaux. Il est clair qu'en treize semaines, la popularité de ce trentenaire qui en paraît moins n'a cessé de croître.

Il a surtout réussi à s'épanouir à travers une discipline artistique, la chanson, qu'il pratique dans l'ombre depuis si longtemps, notamment en faisant des voix-témoins. Entre ses premières prestations dans l'émission, au début de l'année, et ses interprétations de jeudi, un nouveau Julien est né. Interview à chaud.

Quel est votre état d'esprit quelques heures après le verdict?
- Serein. Grandi par cette expérience. J'en tire à présent un enseignement et pour moi, je sors vainqueur indépendamment du vote. D'après les chiffres, il paraît que c'était une course poursuite entre Steeve et moi. Et lorsque Benjamin Castaldi a annoncé le nom du gagnant, j'ai brandi le poing au ciel. Aujourd'hui, je suis heureux que Steeve ait gagné. Je méritais cette deuxième place.

Qu'est-ce qui va se passer dans l'immédiat?
- Une prise de contacts sérieuse avec la maison de disques, BMG. En tant que finaliste, je fais partie de ceux avec lesquels elle désire travailler. Même si je n'ai encore rien signé pour l'instant.

Repasserez-vous bientôt à Genève?
- Oui, très bientôt. Mais je ne sais pas encore quand exactement.

Jeudi soir, Castaldi a déclaré que vous aviez des projets communs avec Steeve. Qu'en est-il?
- Comme nous sommes dans la même écurie, nous avons peut-être l'espoir de faire un duo. L'émission nous a mis en rivalité, mais notre complicité a pris le dessus.

Il n'y a donc jamais eu de concurrence entre vous deux?
- Un peu au début de l'émission, il y a quelques semaines. Je me disais que nous étions deux trentenaires à vouloir faire du rock et que lui était plus dangereux d'entrée d'un point de vue scénique. Et puis les choses ont fini par se dessiner.

D'après vous, pourquoi Steeve a-t-il gagné?
- Sans doute pour le spectacle qu'il donnait chaque jeudi. Il a osé prendre des risques. Et ses faiblesses ont été moins perçues que les miennes. Mon doute des débuts a été ressassé durant des semaines, alors que je l'ai bien évacué aujourd'hui. Mais une émission de télé se construit aussi là-dessus.

Comment était-ce côté coulisses jeudi soir?
- Assez spécial. Les huit candidats précédents sont revenus pour ouvrir et clôturer le programme. Mais je n'étais pas dans leur état d'euphorie. Peut-être parce qu'à ce moment-là, je me trouvais encore de l'autre côté de la barrière. Certains des "anciens" me soutenaient beaucoup. Je pense à Pascal, à Babeth, à Amel.

Y a-t-il des choses qui vous ont déplu durant ces mois d'émission?
- Non. Sauf qu'il faudrait davantage créer un côté scène lors des "prime". Là, les musiciens étaient à l'étage. Sinon, je trouve l'émission très bonne et Castaldi impartial, très impliqué.

Pensez-vous que le plus dur soit fait?
- Je pense surtout que le meilleur est à venir. Les années de galère m'ont finalement servi à trouver l'envie et la rage, à enfoncer les portes. Le fait d'avoir 30 ans m'a aidé. Celui d'être bien entouré aussi.

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