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Il n'y a plus que trois candidats dans l'émission télé-crochet de M6. Dont Julien, né dans la Cité de Calvin. C'est la première fois qu'un Suisse, a fortiori un Genevois, arrive aussi loin dans une émission française de ce type. Julien est l'un des trois candidats encore en lice à Nouvelle Star sur M6. Pour rappel, ils étaient 25 000 au départ. Dans une semaine, les deux meilleurs d'entre eux s'affronteront lors de la finale. En d'autres termes, deux cas de figure sont envisageables ce soir: soit Julien est éliminé, soit il reste, face à Steve ou Amel selon les votes du public. Quoi qu'il en soit, ce chanteur de 30 ans a déjà en partie atteint son but, même s'il avoue que tant qu'un album n'est pas signé et pressé, il n'est sûr de rien. Depuis quelques semaines, les médias commencent à se l'arracher. Et les répétitions pour l'émission l'occupent une grande partie de la journée. Joint mardi soir à Paris, il affichait sérénité, combativité et détermination. "Je n'ai jamais rien calculé et joue la carte de la sincérité depuis le début. Je pense que les gens sont touchés par cette attitude." Quant aux trous de mémoire qu'il a eu durant certains prime, il les assume: "Au diable les mots manqués! Ce qui me dérangerait profondément, ce serait de devenir quelqu'un de lisse, sans failles." Environnement artistique. Né à Genève le 1er août 1973 - jour de la Fête nationale - Julien a passé les vingt premières années de sa vie dans la Cité de Calvin. "J'ai étudié au Cycle de Pinchat puis au Collège de Staël. Mais depuis tout petit, je baigne dans un environnement artistique." Son envie de chanter se précise ainsi dès l'enfance. "Mon père était photographe et artiste-peintre, ma mère graphiste. Et ils écoutaient beaucoup de musique. Vers 1995, j'avais mon propre groupe à Genève, les Wild Mango, au sein desquels je chantais." Puis Julien attrape le virus des voyages. "J'ai passé une année aux Etats-Unis, ce qui fut mon premier grand voyage par rapport à la musique. Je suis aussi allé un an en Espagne, où j'ai presque chanté tous les soirs. Et également au Canada. Sauf que je confonds un peu les dates aujourd'hui", s'amuse-t-il. Mais depuis, Julien a connu quelques galères: les portes qui se ferment, les démarchages inutiles. "Je me bats depuis bientôt neuf ans. A la vérité, j'ai toujours voulu gagner ma vie avec la musique, écrire mes propres chansons, me produire sur scène. Bref, faire ce que je voulais tout en puisant dans les influences qui m'étaient chères. Mais lorsque j'allais voir les productions avec une maquette démo, on me claquait la porte au nez. Et à force de buter dans le mur, j'ai changé de tactique et décidé d'utiliser la télévision pour me faire connaître." Pour Julien, comme pour beaucoup d'autres gens, Nouvelle Star relève du télé-crochet et non de la télé-réalité. Le candidat n'aurait d'ailleurs pas accepté de faire Star Academy. "L'envers du décor ne me plaît pas. L'aspect intime des candidats y est trop mis en avant. En revanche, je suis conscient qu'il me faudra peut-être ôter l'étiquette Nouvelle Star." L'âge, un atout. A propos de son âge, sensiblement plus élevé que celui de la plupart des candidats à ce genre d'émission, le jeune homme pense que c'est en réalité un atout. "Dans le cas de Nouvelle Star, il m'a même servi. Je ferai de la meilleure musique aujourd'hui qu'à 20 ans. Et puis lorsque les Cubains de Buena Vista Social Club ont explosé en 1999 (ndlr: moyenne d'âge 85-90 ans), je me suis dit que j'avais encore cinquante ans devant moi." Depuis le début de l'émission, Julien et sa famille - son épouse et son fils - se sont installés à Paris. "Si je m'y sens mal un jour, j'en partirai. Mais dans les prochains mois, nous risquons d'y rester." A propos de l'image romantique qu'on lui a collé, le chanteur reste conscient qu'elle a été en partie construite par la production. "Ce qui me dérange, en revanche, c'est qu'on confonde sensibilité et sensiblerie. Pour ma part, j'ai pris confiance en moi et je sais que je vais imposer ma personnalité. Avant que les premiers prime ne débutent, j'avais peur d'être l'éventuel gagnant. Je ne le pense plus aujourd'hui. Il ne faut pas se leurrer, celui qui sortira un disque fera un très bel album. Pour l'instant, ce qui compte à mes yeux est avant tout d'être bon et d'aller le plus loin possible. Et lorsque j'entends que les autres candidats (ndlr: Steve et Amel) sont favoris, cela me réveille et me stimule. Si je m'en vais jeudi soir, je serai à la fois déçu de ne pas être en finale et très heureux du parcours effectué jusque-là. Dans tous les cas, j'attends la suite avec impatience." En 2003, chacun a eu son disque. Pour que Julien arrive en finale de Nouvelle Star, il n'y a pas de miracle: il faudra voter pour lui par téléphone. Désormais, les Suisses peuvent aussi le faire. Pour le processus exact, il faut impérativement suivre l'émission en direct, l'ordre de passage des candidats n'étant pas connu à l'avance. Seule certitude: les chansons qui seront interprétées ce soir ont été sélectionnées par le jury. Mais quel que soit le verdict, les trois candidats encore en lice sont assurés de tirer leur épingle du jeu. Pascal Gavillet Tous droits réservés © La Tribune de Genève |
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